29 février 2008
CARLOS PAEZ VILARO
Punta Ballena accueille un autre bâtiment unique en son genre, Casa Pueblo, conçu par Carlos Paez Vilaro un maître plasticien.
Cet ensemble de logements, hôtel, musée, restaurant est un manifeste de son travail. Ouvertement engagé dans un combat contre la ligne droite, Ia courbe et le caractère organique de ses formes évoquent des architectures d’ailleurs : forteresses en terre, habitat méditerranéen, villages du M’Zab, architectures maliennes… un condensé de son propre parcours. En pénétrant dans ce lieu, on voyage un peu plus encore.
28 février 2008
BONET
Punta Del Este, c’est une des destinations prisées de l’Amérique du sud pour ses grandes plages de sable fin et son soleil couchant dans la mer.
Punta : pointe, toute la cote de l’Uruguay est faite de pointes et d’anses. Celle-ci est à 2 heures de route de Montevideo, on aperçoit une forêt de tours immenses construites sur la pointe de l’Est : c’est impressionnant, on imagine Miami comme ça… Mais on garde nos distances. C’est dans la baie de Punta Ballena que nous choisissons de passer la nuit, à l’Hosteria Solana del Mar, petit hotel construit par Antoni Bonet, disciple de Le Corbusier.
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L’hôtel est impressionnant, tout a été dessiné par l’architecte jusqu’au moindre détail, mobilier inclus. Là encore, le temps s’est arrêté au détriment de sa bonne conservation. Chaque détail est pris en photo, on essaie de comprendre ce qui a été modifié, on teste le mobilier. Cette architecture de qualité tranche avec la production récente qui l’entoure : on l’apprécie encore plus…
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Balade nocturne à vélo sur une plage caressée par les étoiles et petit restaurant aux viandes exquises seront la cerise sur le gâteau.
26 février 2008
DIESTE
Objectif architectural N°1, l’œuvre du maître Eladio Dieste, ingénieur uruguayen créateur d’un langage personnel, original et hautement poétique, rationnel et humain. Notre séjour s’articule autour du « pèlerinage » des différentes œuvres situées autour de Montevideo. La singularité de son travail se base sur la nouveauté des formes (et des espaces qui en découlent) à travers l’emploi d’une technique vieille comme le monde : la maçonnerie de briques.
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Pour visiter la maison de Dieste, on fait le pari de sonner sans trop savoir s’il sera possible d’y pénétrer. Ce sera une double rencontre, l’œuvre architecturale et son propriétaire actuel. D’abord méfiant, il finira par nous faire une visite guidée d’une heure riche d’anecdotes et d’explications sur l’oeuvre et son auteur. Moment privilégie et innatendu du voyage.
L’église du « Christ Ouvrier » est une autre expérience forte. Perdu dans une bourgade à la sortie d’Atlantida, on visitera ce bijou peu fréquenté de haut en bas jusqu’à pénétrer dans la crypte, inaccessible car inondée par les pluies estivales. On atteint là le summum surréaliste du voyage.
24 février 2008
MONTEVIDEO
Les trois heures de traversée du delta nous mènent à Carmelo, petite ville uruguayenne sans grand intérêt d’où l’on prendra la relève en bus vers la capitale Montevideo.
Deux heures de bus à travers la « pampa humeda » nous plongent dans un décor particulier. A mi-chemin entre l’Argentine et le Brésil, l’Uruguay partage dans son climat et sa végétation les caractéristiques propres tant aux zones tropicales qu’aux zones tempérées continentales. La route est jalonnée d’Eucaliptus, introduits depuis deux cents ans pour assainir l’environnement et aujourd’hui base de l’industrie du papier, et de palmiers centenaires, le tout reposant sur un tapis continu de pâtures que le bétail local (du Hereford plus précisément) déguste à volonté.
L’Uruguay est un petit pays dont l’histoire accompagne celle des Provinces Unies du Rio de la Plata, c’est à dire l’Argentine d’aujourd’hui. L’agriculture et l’élevage sont les activités principales d’une économie à l’échelle de ce pays : l’étranger aura tendance à croire qu’ici le temps s’est arrêté.
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On croirait que l’Uruguay résiste à se moderniser. Le rythme de vie, l’habitat, les pratiques sociales et spatiales et des petits détails de la vie quotidienne nous mènent virtuellement dans le passé. Mais cela est démenti quand on apprend que les gens exercent une forte mobilité à l’étranger. La culture « montévidéenne » s’enrichit alors au contact des pratiques et tendances importées d’Europe et des USA comme elle a toujours fait.
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Ville port, ville balnéaire, ville capitale, Montevideo combine ces trois aspects avec une identité très fortement marquée par l’héritage afro uruguayen mais aussi le métissage entre européens et indigènes. Montevideo et l’Uruguay en général sera pour nous itinéraire permanent d’architecture et de brocante.
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23 février 2008
LA TRAVERSEE DU DELTA
Se rendre en Uruguay depuis l’Argentine c’est traverser un des fleuves les plus larges au monde, le Rio de la Plata. Hormis l’avion et la voiture, deux traversées fluviales sont possibles : les gens pressés prennent la ligne droite d’une rive à l’autre, les promeneurs préfèrent pénétrer le DELTA DU TIGRE. Comparable au Mékong asiatique, le delta naît de la confluence des fleuves Uruguay et Parana qui entraînent depuis les hauteurs du Brésil et du Paraguay des sédiments rouges.
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Cette terre contenue dans l’eau se dépose au contact de l’abondante végétation maritime créant un fabuleux labyrinthe d’îles et canaux. Très fertiles, ces îles jouissent d’une végétation luxuriante et d’une tradition fruitière héritée de ses premiers colons, les français. Ce sont eux qui ont peuplé ces îles vers la fin du 19 siècle et qui lui ont donné le nom du Tigre, à cause de la présence d’une variété locale de Pumas, les Yaguarétés. Ils y ont façonné l’habitat, notamment à travers les maisons coloniales sur pilotis au toit en tôle caractéristique.
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Les gens d’ici appellent cette zone« la isla », qui a eu son époque de splendeur au début du siècle dernier quand les bonnes familles y ont installés leurs demeures secondaires, et plus tard par l’essor de la pratique de l’aviron.
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Le delta est aussi une zone de passage obligé pour les bateaux marchands qui se rendent aux ports des grandes villes de l’intérieur de l’Argentine ainsi que les principaux ports du Paraguay. Cette activité était couplée avec les chantiers navals qui ont conféré à la ville de San Fernando, (ville natale de Sylv) le statut de capitale nationale du « yachting ».
21 février 2008
CŒUR DE VILLE
Prendre à Beccar le train qui nous achemine vers le centre c’est parcourir en 40 minutes un tissu urbain de plus en plus dense, c’est franchir les limites de la ville, traverser des parcs, apercevoir les espaces les plus délaissés : les interstices de la ville ; et sentir que le chemin de fer lui-même est frontière entre quartiers riches et bidonvilles. On peut vite s’apercevoir que le paysage urbain est en mutation : les grues occupent le ciel, les tours en construction naissent de tous cotés, les maisons fermées et les terrains gelés annoncent de futurs projets.
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Le train grince et ballote dans tous les sens, il y a la clim qui ruisselle sur les vitres des wagons et qui goutte parfois à l’intérieur.
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Les petites stations qui ponctuent le trajet ont été construites par les Anglais. Elles ont, en plus de leur style saxon, des oratoires sur le quai. On croise des gens qui fendent l’air d’un signe de croix, d’autres, absorbés par leurs prières, loupent leur train.
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La gare centrale de Retiro a un air de St Lazare en plus spacieuse et plus riche d’ornementations : salon de thé, salle d’attente, guichets avec céramiques et comptoirs en bois ciré donnent un certain cachet à l’espace.
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C’est un bain de foule et une bouchée de gaz de voiture garantie, la tranquillité de la banlieue est définitivement brisée. Pour traverser les voies importantes, mieux vaut suivre le petit bonhomme (blanc ici) et le compteur qui indique le temps restant au piéton pour traverser ! C’est complètement étourdissant cette circulation : le piéton n’est pas épargné s’il fait un faux-pas. La première avenue traversée s’appelle Libertador : la plus longue de la ville, je ne sais pas exactement sa taille : en gros pour la remonter en bus il faut compter 2h, elle compte 14 voies en double sens au centre et n’en a plus que 2 en sens unique à San Fernando ! C’est assez troublant de faire des distances énormes et la croiser plusieurs reprises dans des quartiers différents.
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La ville, comment expliquer ça ?… c’est un mélange de déjà vu et de surprises. On en prend plein la figure au début, le regard est attiré par tout en même temps, sans compter les bruits nouveaux et les odeurs. Le soir, on va se coucher sans se poser de questions.
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Il y a un mélange de maisons coloniales, d’architecture industrielle du 19ème, de bâtiments haussmanniens du début du siècle, beaucoup d’immeubles des années 60 (des tours surtout) et une production plus récente. On s’habitue vite en fait, mais au début c’est assez déstabilisant. Paris est définitivement une ville où l’ordre règne !
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Les trottoirs des quartiers riches et chics sont aussi chaotiques qu’en banlieue et attention aux numéros des rues ! elles sont tellement longues qu’on peut vite marcher plusieurs kilomètres avant d’arriver à l’adresse tant désirée… Au moment des repas par exemple ! Les cafés sont toujours les biens venus, c’est pas très cher et l’on sert souvent le café avec un verre d’eau, un jus d’orange et des petits gâteaux. Pour manger, même dans les endroits branchés, les plats sont abordables. On se régale le ventre et les yeux.
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Les femmes (de tous les ages) font très attention à leur look : ici on aime voir et être vu. La chirurgie plastique est source de revenu. C’est chose courante que de croiser un visage « retouché », un corps « regonflé ». Et bien sûr, on met tout ça en scène avec comme moyens les vêtements légers et l’attitude qui va avec. Parfois c’est un peu dégoûtant ! Les Argentines sont pourtant belles naturellement… je ne comprend pas. (désolée, je n’ai pas de photos pour documenter cette partie…)
On a découvert, entre autres, deux endroits supers : des vrais petits royaumes . L’un consacré aux papiers de toutes sortes, aux carnets à dessins (le paradis, mais je n’y ai pas touché ! il y en a une douzaine qui m’attendent dans la valise), aux boîtes et enveloppes multiples ; l’autre est un royaume aux objets d’une autre époque : un brocanteur fou, un passionné de la chine... Le lieu s’appelle LA PASSIONARIA. On s’est régalé j’vous dit.
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Suite du « cœur de ville » dans le prochain message !
12 février 2008
LE QUARTIER DE VICTORIA
La maison du père de Sylvestre se trouve dans la banlieue nord de la ville, à 3/4 d’heure de l’aéroport (quand la circulation est fluide), également 3/4 d’heure en train du centre. C’est une maison en brique avec un patio. Il y a des tas de plantes qui apportent de la fraîcheur à la maison.
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Et comme pour tout le monde ici, le trottoir qui donne sur la rue est la propriété de chaque maison. C’est important de le comprendre car cela conditionne l’état de la chaussée et donc oblige à jeter un coup d’œil
au trottoir pour ne pas faire un vol plané !
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Le quartier est très calme. Des petites maisons avec jardins organisés sur la fameuse trame en damier de 100 x 100 qui définit les villes coloniales d’Amérique Latine. Les angles des l’îlots sont coupés, ce qui crée à chaque carrefour une ouverture. On trouve des gardiens de rue qui surveillent les quartiers dans des petites maisons postées justement à ces croisements.
Ce qui m’a le plus surpris ici, c’est la végétation que l’on trouve dans les rues. Les arbres alignés sur les trottoirs sont présents partout. Devant chaque maison, quand il y a un retrait, les habitants plantent. La végétation est étonnamment luxuriante. Les jardins sont souvent soignés. Quelques espèces d’arbres sont pour moi inconnues, je découvre les Ombu, les pins aux aiguilles souples, les « palo borracho » (littéralement : bâtons ivres)…
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Il y a aussi nos plantes d’intérieur qui poussent ici dans les jardins, à des échelles extraordinaires : ficus, géranium géant, cactus, fougères, asparagus de toutes sortes et j’en passe… Parfois aussi certaines espèces se combinent avec d’autres de façon originale : les fougères poussent dans les arbres, les mousses se développent sur les branches comme de grosses barbes… Les fils électriques sont aussi des supports intéressants pour les parasites.
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Jusque dans les années 80, les gens se sont fait plaisir en construisant des maisons plutôt originales. La brique domine, l’usage du béton armé permet quelques petites folies que l’on peut percevoir sans difficulté depuis la rue. Quel que soit le résultat, il y a des intentions ! En cela c’est très intéressant.
En fait, il y a vraiment beaucoup à dire sur tout : la nourriture dans les supermarchés, dans les restos, la cuisine qu’on se prépare… ; les voitures, alors là il y a un vrai chapitre à faire sur ce sujet, c’est comme les arbres, il y en a de toutes sortes (mais je n’y connais rien). On verra ça pour plus tard ! ; quelques pratiques curieuses : à développer également ; je crois que je vais m´arreter la pour l'instant il faut que j'ouvre encore les yeux avant d'aborder certains sujets.
11 février 2008
LE VOYAGE
Aeroport de Roissy 5h du matin accompagné de Julia et Joao Cristobal.
Après 13 000 Km parcourus au-dessus de « la flaque », nous arrivons enfin en Argentine, à l’aéroport de Buenos Aires. Finalement d’une porte à l’autre, il ne s’écoule qu’une vingtaine d’heures, ce qui aurait défrisé n’importe quel explorateur.
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La nourriture, généreuse et régulière, nous empêche de fermer l’œil sans interruption et a tendance à nous clouer aux siege… Je salue la maîtrise de notre compagnie allemande qui a opéré un décollage et un atterrissage en douceur malgré le volume de l’avion à 2 étages.
Il est 9h30, heure locale, quand nous sortons de l’aéroport et que nous avalons notre 1ere bouffée d’air. Elle est plus fraîche que prévue. Le père de Sylvestre, Michel, est là, il demande un taxi à une compagnie privée. Les conducteurs aux cheveux longs défilent pour venir récupérer les touristes.
Il me semble que le taxi, qui nous conduit à la maison, roule particulièrement vite et déjà un flot d’informations me parvient : des noms de lieux, des souvenirs que Sylvestre me fait partager, les enseignes lumineuses, les odeurs du taxi et celles de l’extérieur, les bruits des automobiles rutilantes que l’on double... je lutte pour garder les yeux ouverts.











































































